Qui est la réalisatrice derrière la série "Mariés et seuls" ?

Être mariés ne signifie plus forcément être ensemble. C’est de cette solitude paradoxale qu’est née Mariés et Seuls, une série qui interroge moins le couple que la présence émotionnelle, moins le cadre social que ce qui se joue, silencieusement, derrière les apparences. 

Derrière cette série, il y a un regard. Celui de Déborah Basa Kabambi, réalisatrice congolaise, qui observe, écoute et raconte ce que beaucoup vivent sans toujours parvenir à le nommer. 


Le cinéma comme langage

« Aujourd’hui, je me définis avant tout comme une citoyenne, une épouse et une mère attentive à son entourage, aux silences et à ce qui se joue derrière les apparences. »

Être réalisatrice est son métier, mais raconter des histoires reste pour elle une manière d’exister. Ses différentes casquettes lui offrent une vue d’ensemble, une sensibilité particulière à ce qui ne se dit pas toujours à voix haute. Chez Déborah Basa, le regard précède l’image, et l’écoute guide la narration.

Très tôt, sans forcément pouvoir l’expliquer, elle ressent le besoin de traduire les émotions en images. Donner une forme visuelle à ce que les mots seuls ne suffisent pas à dire. En 2013, elle fait ses premiers pas dans le cinéma, jeune, portée par une ambition assumée et une détermination claire. Du documentaire à la fiction, chaque projet devient un espace d’exploration, autant du monde que d’elle-même.

Mariés et Seuls, le paradoxe d’une époque

Mariés et Seuls naît d’une observation simple, presque évidente : « Nous vivons une époque où l’on peut être ensemble sans vraiment se rencontrer. »

Diffusée pour la première fois en Janvier 2025, la série a rapidement trouvé son public. Après une première saison qui a ouvert le dialogue, elle s’apprête à revenir avec une deuxième saison, dont la sortie est prévue ce 19 janvier 2026. Une continuité qui confirme que les questions soulevées résonnent bien au-delà de l’écran. 

Le mariage, le couple, la famille restent des cadres forts, mais ils ne garantissent plus la présence émotionnelle. Mariés et Seuls interroge notre difficulté à communiquer, à écouter, à rester vulnérables dans un monde qui valorise la performance, même en amour, explique-t-elle

« Raconter Mariés et Seuls n’a pas pour but de donner des leçons de morale, mais de présenter des faits et d’inviter chacun à se remettre en question face à ce récit. »

Sans jugement, le récit ouvre un espace d’identification. Il expose, observe, et laisse le spectateur face à ses propres zones de silence. 

Pour Deborah Basa, elle-même mariée depuis plusieurs années, le mariage n’accepte pas l’égoïsme. Il est pensé comme un espace de bonheur et d’épanouissement à deux, un engagement qui demande de se dépasser. Un regard lucide, presque frontal, qu’elle considère comme le premier pas vers une possible réparation.

Créer à deux : entre couple et création

La série est réalisée aux côtés de son mari, Tshoper Kabambi, producteur du projet. Une collaboration exigeante, mais profondément enrichissante. Créer à deux suppose des cadres clairs, une confiance mutuelle et un dialogue constant. Les désaccords existent, parfois nombreux, mais leurs personnalités opposées nourrissent le projet plutôt qu’elles ne l’affaiblissent. Travailler ensemble impose une honnêteté radicale, à la fois artistique et humaine.

Le doute 

« Ce que le public ne voit pas, c’est l’engagement émotionnel de toute une équipe pour que chaque épisode sonne juste. » 

Derrière chaque épisode se cache un travail collectif immense : acteurs, techniciens, collaborateurs, chacun portant une part invisible du récit.

Après Mariés et Seuls, Déborah Basa nous confie souhaiter continuer à explorer les réalités de nos quotidiens, notamment du point de vue féminin. Entre transmission, identité culturelle et pouvoir. Autant de thèmes qu’elle souhaite aborder à travers des récits ancrés dans nos réalités congolaises. Des histoires sincères, sans cliché, racontées avec justesse.

Par Keren M.



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Commentaires

  1. Jaime le fait que le quotidien kinois nous présente se genre de projet qui représente exactement le quotidien du kinois. Je vais suivre la série

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  2. félicitation ma réal

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