Tonga| Le premier pas compte plus que le plan parfait
Dans les rendus comme dans la vie, on voudrait que tout soit parfaitement aligné avant de se lancer. Un plan sans faute, des matériaux validés, un client idéal, un portfolio irréprochable. Mais la vérité, c’est qu’en architecture, comme ailleurs, le plan parfait n’existe pas.
Très souvent, on passe des semaines à corriger une 3D qu’on n’ose pas encore montrer. On se dit qu’il manque un détail, une texture, une lumière, un petit je-ne-sais-quoi. On relit un devis dix fois avant de l’envoyer. On hésite à dire qu’on est architecte, architecte d’intérieur ou encore designer tant qu’on n’a pas encore “assez” de projets.
Et pendant ce temps-là, les opportunités passent, comme ces clients qui cherchaient simplement quelqu’un d’attentif et pas d’infaillible.
Faire joli c'est bien. Faire juste, c'est mieux.
Le plan parfait, c’est une belle idée sur papier. Mais dans la pratique, c’est le premier pas qui construit tout le reste : la première esquisse qu’on ose envoyer, le premier client qu’on accompagne sans être sûr à 100 %, le premier “je me lance” qu’on dit, même avec encore un peu d'hesitation.
C’est là que le métier prend corps : sur le terrain, dans les échanges avec un menuisier, dans les erreurs de cote qu’on corrige à la hâte, dans les matériaux introuvables qu’on doit remplacer à la dernière minute.
C’est là que les vraies leçons se prennent. Pas seulement derrière un écran, mais dans le bruit des marteaux, la poussière du chantier et la souplesse qu'exigent les imprévus de dernière minute.
Se rendre visible sans se trahir.
Poster un rendu, partager une planche de matériaux, parler d’un chantier en cours. C’est par ces gestes simples que les prospects vous remarquent, que les collaborations naissent et que les portes s’ouvrent.
La crédibilité ne se décrète pas, elle se construit. Projet après projet, rendu après rendu, rendez-vous après rendez-vous.
Tracer, corriger, recommencer.
Aucun chantier n’a jamais commencé avec un plan parfait, seulement avec quelqu’un qui a osé tracer la première ligne. Alors, tu te tromperas encore sur une couleur ou un fournisseur. Mais le vrai professionnalisme, c’est de savoir s’ajuster, anticiper et rebondir. C’est apprendre à défendre ses idées sans craindre de ne pas assez savoir.
Par Keren M.
Merci pour ces mots🙌🏾
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